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Labyrinthe végétal symbolisant le cheminement intérieur et l’auto-observance – photo Riccardo Farinazzo Unsplash

AU DETOUR DE LA VIE: Chroniques relationnelles, humaines et psychocorporelles.

Solide et sensible : Partie I

La posture masculine repensée

(Deuxième chronique, après un premier texte consacré aux profils d’attachement.)

Il y a quelques semaines, j’ai été frappée par la qualité d’élocution de certaines figures d’autorité suisses. Des figures qui, par les postes à responsabilité qu’elles occupent, par leur forte visibilité publique et par les codes sociaux associés à ces fonctions, sont souvent attendues dans des postures très cadrées, très maîtrisées.

Ce qui m’a marquée, ce n’est pas seulement ce qui a été dit, mais la manière dont cela a été porté. Une articulation juste entre rigueur institutionnelle et dimension émotionnelle assumée.

Les mots étaient maîtrisés, précis, pesés. Et en même temps, les voix étaient parfois plus atteintes, parfois légèrement éraillées ou tremblées. Non pas par débordement, mais parce que l’émotion était là, perceptible, et qu’elle n’était ni évitée ni contournée.

Une émotion qui ne fragilisait pas le discours. Au contraire, elle le renforçait, elle le soutenait.

Des paroles qui n’évitaient rien, ni l’émotion, ni la responsabilité de la porter, de la dire, de la transmettre.

Sans pathos. Sans justification. Sans mise en scène. Juste parce que c’est vrai. Parce que c’est normal que cela touche, que cela affecte.

Et c’est précisément cela qui, à mon sens, a rendu ces paroles dignes et légitimes. Les mots étaient ancrés. Les postures alignées. L’émotion n’était ni un défaut ni une faiblesse, mais un marqueur de justesse.

Cela rappelle quelque chose d’essentiel : il est possible d’être solide et sensible à la fois. L’affect assumé n’entame pas la légitimité, il la consolide.

Mais c’est rare. Encore trop rare.

Et pourtant, c’est simplement à l’image de la nature humaine elle-même, capable de s’exprimer dans sa complexité, dans sa richesse, sans se renier. Une norme plus ajustée à ce que nous sommes réellement.

C’est pourquoi, dans cette chronique, je m’adresserai à vous, messieurs.

Je ne reviendrai pas sur les injonctions éducatives ou sociétales qui ont longtemps façonné les représentations de la masculinité, « un homme ne pleure pas, un homme doit être fort, tenir, encaisser, assurer ». Elles sont connues, largement documentées, et font désormais partie du paysage réflexif collectif.

Le point que je souhaite explorer est plus contemporain et à bien des égards plus insidieux. Il concerne une pression diffuse à laquelle hommes et femmes sont aujourd’hui soumis, le culte de la performance, du contrôle, de l’optimisation permanente et de la maîtrise de soi en continu.

Cette injonction entre en résonance particulière avec le fonctionnement psycho-affectif masculin. C’est là que quelque chose se joue aujourd’hui, de manière discrète mais profonde, et c’est ce point précis que je souhaite développer.

Performance, contrôle, optimisation et contre-productivité : quand la stratégie se retourne contre elle-même

Il existe aujourd’hui chez beaucoup d’hommes une tension silencieuse, rarement nommée et souvent portée seul. Celle qui consiste à tenir. Tenir sa place, tenir le cadre, tenir les autres parfois. Tenir sans faillir, sans trop montrer, sans se laisser traverser, du moins en apparence.

Depuis longtemps, la posture masculine est associée à certaines attentes implicites : être pragmatique, agir, décider, avancer, produire, protéger, être fiable, être solide. Ces qualités ne sont pas en soi problématiques, elles sont même souvent nécessaires.

Ce mode de fonctionnement est toujours socialement valorisé, souvent encouragé, parfois récompensé. Il permet de tenir des rôles à responsabilité, d’anticiper, de sécuriser, de construire dans des environnements complexes et exigeants. À court terme, il est efficace. À moyen terme, il peut même sembler indispensable.

Le problème n’apparaît pas lorsque ce mode de fonctionnement est mobilisé ponctuellement. Il devient problématique lorsqu’il se rigidifie, lorsqu’il s’impose comme la seule manière de répondre au réel, à soi-même et aux autres. C’est à ce moment précis que quelque chose se grippe.

L’efficience commence alors à être confondue avec une mise à distance de l’affect et de l’émotion. Peu à peu, ces dimensions sont perçues comme contre-productives, perturbatrices, voire incompatibles avec les exigences de performance, de contrôle et d’efficacité.

Comme si ressentir devenait suspect. Comme si être touché équivalait à être fragilisé. Comme si l’émotion devait être maîtrisée au point d’être neutralisée.

Ce déplacement est subtil, souvent inconscient. Il ne relève pas d’un rejet volontaire de l’émotion, mais d’une hiérarchisation implicite : ce qui est mesurable, contrôlable et optimisable prend le dessus, tandis que l’affect est relégué au second plan, jugé moins fiable, moins utile, moins pertinent.

C’est précisément à cet endroit que ce qui était une stratégie adaptative commence à produire des effets paradoxaux.

Les apports récents des neurosciences et de la psychologie cognitive, notamment dans les travaux d’Albert Moukheiber, mettent en lumière ce phénomène : la quête permanente de performance, de maîtrise et de contrôle ne renforce pas indéfiniment l’efficience humaine, elle peut au contraire la réduire.

Sur le plan cognitif et neurofonctionnel, cette hyper-mobilisation du contrôle repose sur une activation continue des circuits de vigilance, d’anticipation et d’inhibition. Le système est constamment en alerte, orienté vers la prévention du risque, la réduction de l’incertitude et la correction rapide de toute fluctuation.

À terme, cette dynamique génère une surcharge cognitive, une rigidification des réponses et une perte progressive de flexibilité adaptative. Autrement dit, ce qui est censé rendre plus fiable, plus solide et plus performant finit par produire l’inverse, non par fragilité psychologique, mais par saturation.

Le système fonctionne en permanence à haut régime, sans espaces suffisants d’intégration, de récupération et d’ajustement fin.

Il y a là une forme de paradoxe contemporain, parfois qualifiée de « folie moderne », vouloir être performant tout le temps, stable en continu, optimisé sans variation. Or le fonctionnement humain n’est pas conçu pour cela.

La vie psychique, émotionnelle et corporelle repose sur des cycles, des fluctuations, des phases d’intensité et de relâchement. Chercher à lisser ces variations n’augmente pas l’adaptation, cela va au contraire à l’encontre du vivant.

Dans ce contexte, l’émotion est souvent perçue comme un problème, un facteur de désordre, une perte de contrôle ou un signe de fragilité. Or le véritable enjeu n’est pas l’émotion elle-même, mais l’émotion ignorée, mise hors champ, non intégrée au système de régulation.

Une émotion non reconnue ne disparaît pas. Elle se déplace et s’exprime ailleurs, dans le corps, dans les relations, dans les décisions, dans la fatigue, dans la rigidité, dans le silence.

Ce n’est donc pas l’émotion qui affaiblit, mais l’ignorance de l’émotion.

Une posture masculine solide n’est pas une posture amputée. C’est une posture intégrée, capable d’agir, de décider et de tenir, tout en restant connectée aux signaux internes qui permettent l’ajustement.

Ce n’est pas dans la négation d’une partie de soi que se construit la solidité. C’est dans l’intégrité.

C’est en tenant compte de tout ce qui le traverse, corps, émotions, pensée, engagement, qu’un homme peut réellement déployer sa force. Non pas une force défensive ou rigide, mais une force habitée, complète, cohérente.

Depuis cette posture intégrée, où rien n’est exclu ni mis hors champ, l’homme peut être pleinement lui-même, stable sans se durcir, présent sans se fragmenter, solide parce qu’entier.

Rigidification des systèmes et usure silencieuse

Lorsque ce mode de fonctionnement centré sur la vigilance et le contrôle s’installe très tôt, parfois dès l’enfance, il peut devenir un véritable mode par défaut. Il protège, il sécurise, il permet de tenir dans des contextes exigeants ou instables. Il n’est ni absurde ni pathologique en soi.

Mais lorsqu’il est sollicité presque exclusivement, le système se rigidifie.

Sur le plan physiologique et neurovégétatif, cela correspond à un déséquilibre progressif entre les deux grands systèmes de régulation. Le système nerveux sympathique, impliqué dans l’activation, l’alerte et la mobilisation de l’énergie, est sollicité de manière quasi permanente. À l’inverse, le système parasympathique, qui permet la récupération, l’apaisement, l’intégration et la réparation, est peu mobilisé.

Ce déséquilibre n’est pas nécessairement perçu comme tel. Il s’installe lentement, silencieusement. Le corps s’habitue à un niveau élevé de tension comme à un bruit de fond. L’état d’alerte devient la norme. Le stress n’est plus ressenti comme aigu, mais il continue d’agir.

On peut alors parler d’une forme d’anesthésie progressive. La vigilance reste élevée, mais la capacité à sentir finement les signaux internes diminue. La récupération devient moins efficace. La nuance émotionnelle s’appauvrit. Les relations peuvent se rigidifier. La fatigue s’installe sans être clairement identifiée.

Sur le plan biologique, ce fonctionnement en sur-régime favorise également un stress oxydatif accru. L’organisme fonctionne avec une dépense énergétique constante, sans phases suffisantes de réparation. L’usure n’est pas brutale, elle est cumulative.

Ce type de fonctionnement tend à s’auto-renforcer. Plus le système est rigide, moins il tolère l’incertitude. Plus il évite la fluctuation, plus il renforce le contrôle. Ce n’est pas un choix conscient, ni un défaut de volonté. C’est la poursuite d’une stratégie ancienne qui a fonctionné, mais qui n’est plus entièrement ajustée au contexte présent.

La bonne nouvelle est que ce fonctionnement n’est pas figé. Le système nerveux est plastique. Ce qui est peu sollicité peut être réentraîné. Ce qui a été mis de côté peut redevenir accessible.

Introduire progressivement d’autres modes de régulation, ralentir plus tôt, écouter les signaux corporels, ajuster en amont plutôt qu’en urgence, permet au système parasympathique de reprendre sa place. La flexibilité revient. La récupération devient possible. La solidité ne disparaît pas, elle se transforme.

Un système capable de se réguler est toujours plus robuste qu’un système maintenu en alerte permanente.

Après avoir posé les fondements, la suite s’orientera vers le concret : comprendre les enchaînements action–réaction et explorer des leviers d’ajustement, notamment pour les profils les plus contrôlants.

 

AU DÉTOUR DE LA VIE 

Solide et sensible – Partie II

Auto-observance stratégique : sortir des automatismes, élargir ses choix

Dans le texte précédent, nous avons posé un point central : ce qui fragilise un système n’est pas ce qu’il ressent, mais ce qu’il ignore.

Le corps et l’émotion sont souvent les premiers à réagir face à une situation à enjeu. Ils signalent qu’un seuil est franchi, qu’un équilibre est menacé, qu’un besoin fondamental est activé. Avant même que la pensée ne formule une analyse, le corps s’ajuste et l’émotion informe.

Ces manifestations ne déterminent pas à elles seules le comportement, mais elles en constituent fréquemment les premiers indicateurs. Les repérer ne rend pas plus vulnérable. Les reconnaître participe d’une forme de maturité émotionnelle : celle qui accepte de prendre en charge ce qui s’active. Cela ajoute une variable. Et plus le signal est identifié tôt, plus la marge d’ajustement est grande.

Ignorer ces repères revient à fonctionner avec un nombre réduit de paramètres. Les intégrer affine la lecture de la situation. Et plus le discernement est affûté, plus la réponse devient pertinente.

C’est à partir de cette base que commence un travail d’ajustement conscient : non pour se changer, mais pour faire durablement évoluer sa manière de répondre aux situations.

Régulation émotionnelle : intervenir plus tôt dans la chaîne

Les travaux du psychologue James Gross, spécialiste de la régulation émotionnelle, éclairent ce point avec rigueur. Il distingue plusieurs niveaux d’intervention dans le processus émotionnel, depuis l’anticipation des situations jusqu’à la gestion de l’expérience émotionnelle elle-même.

Ce qui est décisif, c’est que la régulation la plus efficace n’intervient pas au moment où l’émotion déborde, mais en amont. Par le choix des situations. Par l’ajustement du contexte. Par l’orientation de l’attention. Par la manière dont un événement est interprété.

L’émotion n’est pas un accident à supprimer. Elle est un signal inscrit dans un système dynamique. Une situation active un état corporel et émotionnel. Cet état influence une interprétation. L’interprétation oriente une stratégie. La stratégie produit un comportement.

C’est à différents endroits de cette chaîne que l’on peut intervenir.

Comme le rappelle l’adage souvent attribué à Einstein :
« Les hommes intelligents résolvent les problèmes. Les hommes sages les évitent. »

La maturité émotionnelle consiste souvent à ajuster avant l’explosion.

Apprendre à lire l’émotion permet d’intervenir plus tôt dans la chaîne et d’éviter que la stratégie automatique ne s’impose sans examen, de manière unilatérale. C’est aussi assumer sa part de responsabilité dans ce qui se joue, plutôt que de projeter sur l’extérieur. C’est ici que l’auto-observance prend tout son sens : non comme introspection vague, mais comme lecture structurée de son propre fonctionnement dans son environnement réel.

Lire son propre système : méthode d’analyse et d’ajustement

Comprendre ton fonctionnement ne consiste pas à te définir. Il s’agit d’apprendre à lire les mécanismes qui orientent tes actions et réactions.

Les modèles théoriques ne servent pas à coller une étiquette. Ils servent à éclairer ce qui se produit en situation. Un modèle est un outil de lecture, un repère, une hypothèse de compréhension. Il n’est jamais une identité.

L’auto-observance stratégique commence ici : accepter que ton fonctionnement soit lisible, modifiable, optimisable.

L’introspection seule ne suffit pas. Se questionner est utile, mais cela devient opérant lorsque tu relies ce travail interne aux situations concrètes. Ce n’est pas ce que tu penses de toi qui compte le plus. C’est ce qui se répète dans le réel.

On ne se découvre pas dans le confort. On se découvre dans les situations à enjeu. Celles qui activent la sécurité, la reconnaissance, l’autonomie, l’attachement, le rapport au contrôle ou à l’incertitude.

La vraie question n’est pas : « Qui suis-je ? »
La vraie question est : « Que fais-je quand quelque chose est réellement en jeu pour moi ? »

Les émotions signalent ce qui est touché. Mais ce sont les stratégies que tu mets en place pour les réguler qui révèlent ton architecture interne. Accélérer. Rationaliser. Te fermer. Surinvestir. Te retirer. Maintenir le contrôle.

Ces stratégies sont intelligentes. Elles ont été construites pour fonctionner. Elles deviennent limitantes lorsqu’elles s’imposent par défaut.

Il est important de clarifier un point : une stratégie n’est pas l’opposé de ton identité. Elle en fait partie. Elle s’est construite à partir de ton histoire, de tes expériences, de tes réussites, de tes peurs, de tes besoins. Elle est devenue familière au point d’être vécue comme « qui tu es ».

Mais il s’agit avant tout d’une organisation de réponses. Elle a une fonction. Elle sert un objectif, conscient ou non. Protection, efficacité, loyauté, reconnaissance, sécurité. Derrière chaque résistance, il y a une intention adaptative.

L’automatisme apparaît lorsque la stratégie n’est plus interrogée. Elle n’est plus choisie. Elle est simplement activée.

La question n’est donc pas de lutter contre ce que tu es. La question est de savoir si tu choisis encore la manière dont tu fonctionnes.

Le point de vigilance n’est pas l’existence d’une stratégie. C’est sa rigidité.

Les comportements sont des indicateurs. Un acte isolé ne signifie rien. Ce qui fait sens, c’est la répétition, le contexte, la cohérence dans le temps.

Une occurrence est un événement.
Deux occurrences sont une hypothèse.
Trois occurrences ou plus indiquent un schéma probable.

La répétition est une donnée exploitable. Ne pas interroger ces répétitions, c’est risquer de les imposer aux autres sans en avoir conscience. Les comprendre relève d’une hygiène de conscience importante dans le vivre ensemble.

Identifier un schéma n’est pas une fin. C’est un point de départ. Une micro-variation de cinq à dix pour cent suffit parfois à modifier une trajectoire. L’évolution durable repose sur des ajustements progressifs et répétés.

Un système capable de varier est plus robuste qu’un système maintenu par rigidité.

Cartographie stratégique de l’auto-observance: (Proposition de lecture non exhaustive)

L’auto-observance suit une progression logique. Elle permet de passer du signal brut à l’ajustement conscient.

  1. Détection du signal

Avant toute analyse, il y a un indicateur précoce.
Dans quelles situations ton corps se tend-il en premier ? Quels sont tes marqueurs d’activation, serrage, accélération, retrait ? Quelle émotion apparaît avant que tu ne la rationalises ? À partir de quel seuil passes-tu en mode automatique ?

Plus le signal est repéré tôt, plus la capacité d’ajustement est grande.

  1. Identification de l’enjeu

Toute activation correspond à un risque subjectif.
Qu’est-ce qui est réellement en jeu pour toi ici ? Une question de contrôle, de reconnaissance, de sécurité, d’autonomie ? L’intensité de ta réaction est-elle proportionnée à la situation actuelle ?

L’enjeu est parfois discret, mais structurant.

  1. Lecture de la stratégie automatique

Que fais-tu immédiatement lorsque tu es activé ? Accélères-tu, rationalises-tu, te fermes-tu, surinvestis-tu ? Ce réflexe est-il familier ? À quel moment de ta trajectoire t’a-t-elle été utile ?

Une stratégie n’est pas un défaut. Elle devient problématique lorsqu’elle devient unique.

  1. Analyse des répétitions

Ce scénario revient-il régulièrement ? Dans quels contextes ? Avec quels interlocuteurs ? Quelle constante observes-tu ?

La répétition transforme l’événement en pattern.

  1. Évaluation du coût réel

Cette conduite est-elle encore optimale aujourd’hui ? Que te permet-elle ? Que te coûte-t-elle ? Te rapproche-t-elle réellement de ce que tu veux construire à moyen et long terme ?

C’est ici que la lucidité devient stratégique.

  1. Élasticité et marge de manœuvre

As-tu d’autres réponses possibles ? Peux-tu varier ton comportement ? Si tu modifies ta réponse de cinq à dix pour cent, que se passe-t-il ? Agis-tu par choix ou par réflexe ?

La flexibilité est un indicateur de robustesse.

  1. Feedback et triangulation

Plusieurs environnements te renvoient-ils des éléments similaires ? Es-tu capable d’entendre un retour sans te défendre immédiatement ?

Le regard extérieur est une variable supplémentaire, jamais une vérité absolue. L’entendre sans se défendre immédiatement est un marqueur de maturité relationnelle.

  1. Alignement global

Le mode de fonctionnement que tu utilises aujourd’hui soutient-il réellement la vie que tu veux construire ? Es-tu dans une liberté choisie ou dans une adaptation automatique ? L’arbitrage que tu fais est-il stratégique ou subi ?

Signal → Enjeu → Stratégie → Répétition → Coût → Variation → Feedback → Alignement.

Traverser ces étapes oblige à sortir du pilotage automatique.

Conclusion

Tu n’as pas à renier ce que tu es.
Tu n’as pas à aller contre ce qui t’a permis de réussir.

Ce que tu as construit fonctionne. Parfois très bien.
La question n’est pas morale. Elle est stratégique : ce mode de fonctionnement est-il encore optimal, dans l’ensemble de ta vie, et sur la durée ?

Investir le contrôle et la rationalité est une intelligence adaptative. Le point de bascule apparaît lorsque cette manœuvre devient la seule disponible.

Une variable ignorée devient un point de tension. Une variable identifiée devient intégrable.

Travailler sur soi ne signifie pas devenir moins efficace. Cela signifie élargir son répertoire de réponses. Ce que tu surinvestis quelque part a un effet ailleurs. L’enjeu n’est pas l’équilibre parfait. L’enjeu est de savoir si l’arbitrage que tu fais est choisi ou subi.

Se connaître, ce n’est pas se juger.
C’est comprendre les logiques internes qui orientent tes décisions, souvent sans que tu en aies pleinement conscience. C’est accepter d’assumer la responsabilité de ses réactions, de ses choix et de leurs effets.

Comme on apprend à connaître la biologie du corps pour mieux le soigner et mieux l’utiliser, apprendre à connaître son propre fonctionnement permet de vivre de manière plus ajustée dans son environnement. Nous évoluons tous dans des systèmes complexes. Ne pas se connaître, c’est naviguer à vue.

L’objectif n’est pas de changer qui tu es. C’est de ne plus être enfermé dans un seul réflexe.

Lorsque l’on se retrouve dans une impasse, ce n’est pas forcément parce que l’on manque de capacité. C’est souvent parce que l’on a surinvesti une stratégie qui a longtemps fonctionné, au détriment d’autres dimensions essentielles.

Se connaître permet alors de réorienter l’intensité. Non pas vers ce qui rassure. Mais vers ce qui est réellement important. Ce n’est pas seulement un travail individuel. C’est une forme d’écologie relationnelle : comprendre son fonctionnement pour ne pas faire porter aux autres le poids de ses angles morts.

Il existe une liberté subie.
Celle qui consiste à continuer comme avant, sans interroger ce qui nous détermine. Libre en apparence, guidé en profondeur par des stratégies jamais questionnées.

Libre de décider, mais orienté par des automatismes anciens.
Libre d’agir, mais dépendant de mécanismes devenus invisibles.

Et il existe une liberté choisie.
Celle qui naît de la conscience de ses propres logiques internes.
Celle qui permet d’agir non par réflexe, mais par décision éclairée.

La première rassure parce qu’elle ne demande pas d’examen.
La seconde engage parce qu’elle suppose de regarder ce qui nous traverse.

L’auto-observance ne promet pas le confort.
Elle ouvre la possibilité d’une liberté réellement choisie,
celle d’agir en cohérence plutôt que de dépendre.

 

Au plaisir de vous retrouver au prochain détour. Paris Marion – L’Essence de L’Être.

 

Crédits visuels : Riccardo Farinazzo – Unsplash

 

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